The Magic Light




J’ai connu des photographes qui s’amusaient à deviner quel réglage serait nécessaire si ils devaient prendre une photo à un instant T, en fonction des conditions météorologiques. Si je vous raconte cela, vous vous doutez bien que c’est parce que j’en suis incapable. Je connais peu de choses en technique (du moins j’en ai l’impression) et j’utilise les même flash depuis des années.

Pourtant la lumière me passionne, mais j’aime la travailler de manière empirique: je tourne un flash contre un mur ou un plafond, fais rebondir la lumière sur un objet, applique un plastique coloré, ou deux, ou trois… puis j’observe ce qui se produit. Comme si cela relevait de la magie, comme si je confectionnais une drôle de potion sans avoir lu la recette au préalable. Et lorsque la magie opère, lorsque le modèle est révélé par une lumière étonnante… alors je sais que la machine est lancée et que tout le reste suivra.  

Parfois, il me suffit de disposer mes flashs en écoutant mon instinct et cela fonctionne immédiatement, comme une intervention divine. Parfois au contraire, cela peut prendre bien plus de temps. Il me faut alors faire preuve de patience et faire confiance au processus en attendant l’instant “Eureka”.

Je ne vous cache pas que les minutes qui me séparent de cette petite victoire me paraissent être une éternité.

C’est peut être une erreur de ma part, mais lorsque je trouve cette “lumière magique”, je ne cherche jamais à mémoriser le moyen d’y parvenir. Elle doit être unique, correspondre à la situation et je ne dois pas chercher à la reproduire. C’est un contrat que j’ai signé avec moi même de manière inconsciente et dont la réalisation ne m’est venue que très récemment.

Car pour qu’une lumière soit vraiment belle à mes yeux, il faut que je sois moi même surprise lorsque le résultat de mes expérimentations s’affichent sur l’écran de mon appareil. L’équipe avec laquelle je travaille réglièrement sait alors reconnaître ce moment où mes yeux s’éclairent et où mon visage affiche un grand sourire, là où se lisaient, quelques secondes plus tôt, le doute et l’incertitude.


SEP. 19 2018